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GTAP Resource #1961

"Migrations Sud-Nord, fuite des cerveaux et développement en Afrique subsaharienne. (South North migration, brain drain and development in subsaharan African countries)"
Authors: Nkoa, François


Abstract
Dans notre travail nous nous proposons d’évaluer l’impact des migrations Sud-Nord sur le développement économique des pays d’Afrique subsaharienne. Les statistiques récentes fournies dans le travail de Dorquier et Marfouk (2004) nous ont permis de réaliser ce travail.

Dans la première partie, nous évaluons d’une part l’ampleur globale des migrations internationales Sud-Nord dans la région et d’autre part l’ampleur de l’émigration de la main d’œuvre qualifiée plus connue sous le nom de « fuite des cerveaux ». Nous pouvons ainsi avoir une idée des pertes de bien-être et des coûts économiques liés à l’émigration Sud-Nord dans la région. Dans la deuxième partie, nous évaluons l’effet net de l’émigration Sud-Nord dans les pays d’Afrique subsaharienne en intégrant dans l’analyse les effets positifs liés au phénomène à savoir les envois de fonds des migrants, le retour des migrants qualifiés et l’incitation à investir dans l’éducation.

En ce qui concerne l’ampleur globale de l’émigration Sud-Nord, en utilisant les données de Dorquier et Marfouk (2004) ainsi que les données de la BAD sur la population des pays du continent, nous évaluons à 5 287 911, le nombre de ressortissants de l’Afrique subsaharienne présents dans les pays de l’OCDE en l’an 2000 soit moins de 1% de la population totale de la région. La répartition de ces migrants internationaux par sous région se présente comme suit : 46% environ sont originaires de l’Afrique orientale ; 32% de l’Afrique occidentale ; 15% de l’Afrique centrale et 7% de l’Afrique australe. En clair, l’Afrique orientale est la première région d’émigration de l’ASS vers les pays de l’OCDE suivie de l’Afrique occidentale . Ces deux régions fournissent à elles seules environ 80% des migrants d’ASS présents dans les pays du Nord.

Lorsque l’on fait une comparaison avec les autres régions en développement, on constate que sur 1000 habitants en ASS, 8 environ ont émigré dans les pays de l’OCDE contre 139 pour les Caraïbes, 110 pour l’Amérique centrale, 32 pour l’Asie centrale, 30 pour l’Afrique du nord, 17 pour l’Asie du sud-est, 15 pour l’Amérique du sud et 5 pour l’Asie de l’est et l’Asie centrale.

Tous ces chiffres indiquent que l’émigration Sud-Nord est un phénomène marginal en Afrique subsaharienne. La faiblesse relative des flux migratoires Sud-Nord en ASS implique que les différentiels économiques et de niveau de développement, qui sont souvent considérés dans la littérature économique comme étant les principaux déterminants des migrations internationales, sont une condition nécessaire mais non suffisante à l’émigration Sud-Nord en Afrique subsaharienne. D’autres facteurs, géographiques et réglementaires notamment, doivent être pris en compte pour analyser et comprendre l’ampleur des migrations internationales Sud-Nord dans la région.

En ce qui concerne la « fuite des cerveaux », les chiffres obtenus montrent que l’ampleur de la fuite des cerveaux est particulièrement importante dans de nombreux pays de l’ASS . C’est en Afrique occidentale et orientale que se retrouvent les pays les plus sévèrement touchés par le phénomène. Dans l’ensemble des pays africains, le taux d’émigration des diplômés du supérieur est supérieur à celui des diplômés de l’enseignement primaire et secondaire. La « fuite des cerveaux » est donc un phénomène d’une forte ampleur dans la région, ce qui implique que les coûts économiques de l’émigration Sud-Nord, proviennent en grande partie de l’émigration des personnes qualifiées et hautement qualifiées.

Les envois de fonds des migrants peuvent compenser ces pertes de bien-être s’ils sont d’une ampleur suffisante. Or l’Afrique subsaharienne en 2003 a reçu de la part de ses migrants internationaux une somme de 6 milliards de dollars soit 5% de l’ensemble des transferts financiers des migrants vers les pays en développement. Ces revenus sont donc relativement faibles et étant donné que les coûts économiques de l’émigration dans la région sont plus liés au phénomène de la fuite des cerveaux, nous avons voulu savoir si la propension à transférer les fonds de cette catégorie de migrants était élevée de façon à compenser ces coûts.

Nous avons tenté de vérifier cette hypothèse en construisant un modèle de régression en coupe instantanée. A priori, on s’attend à ce que les transferts soient positivement corrélés au nombre de migrants du pays dans les pays du Nord ainsi qu’au taux d’émigration des personnes les plus qualifiés qui possèdent des revenus plus élevés.

Les résultats de l’estimation de l’équation estimés sont dans l’ensemble contre intuitif. Les transferts sont négativement liés au taux global d’émigration et au taux d’émigration des diplômés du supérieur. A l’inverse, ils sont positivement liés au taux d’émigration des personnes qui possèdent un niveau d’éducation primaire et secondaire.

Par conséquent les envois de fonds des migrants vers leur pays d’origine ne peuvent compenser les coûts économiques importants liés au phénomène de la fuite des cerveaux dans la région. L’émigration des personnes qualifiées est donc porteuse d’une externalité négative. A l’inverse, l’émigration des personnes ayant un faible niveau de qualification (primaire et secondaire) qui engendre des coûts économiques moins importants est plus bénéfique aux pays de l’ASS parce que cette catégorie de migrants transfère des montants relativement élevés vers les pays d’origine.

En Afrique subsaharienne, l’émigration peut avoir un effet favorable sur la croissance de manière indirecte en réduisant la pauvreté ou en favorisant l’accumulation du capital humain.

Les études de cas réalisés dans la région indiquent dans l’ensemble la fonction première des envois de fonds est l’amélioration de l’accès aux besoins essentiels en matière de nutrition, de santé, d’éducation et de logement. Ils (les transferts) contribuent ainsi au renforcement des capacités des populations à participer au processus de développement sur le plan national ou local.

L’émigration de la main d’œuvre qualifiée peut également favoriser l’accumulation du capital humain dans la région selon l’hypothèse défendue par Beine et al (2003) ainsi que d’autres auteurs . Lidée centrale de ces différents auteurs est que les perspectives demploi et de départ à létranger qui existent pour la main d’œuvre qualifiée encouragent les familles et les individus à investir dans le capital humain. Cependant seule une proportion p < 1 d’individus ayant investi dans le capital humain auront la possibilité d’émigrer, les autres (1 – p) demeurant dans le pays. La fuite des cerveaux se transformant en gains des cerveaux. Des études doivent être entreprises pour vérifier cet effet favorable dans les pays de l’Afrique notamment ceux qui ont eu ou ont encore une politique de distribution des bourses à l’étranger pour les étudiants les plus méritants.


Resource Details () GTAP Keywords
Category: 2006 Conference Paper
Status: Published
By/In: Presented at the 9th Annual Conference on Global Economic Analysis, Addis Ababa, Ethiopia
Date:
Version:
Created: Nkoa, F. (4/19/2006)
Updated: Nkoa, F. (4/19/2006)
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